Les coachs d’Asie s’organisent

La première conférence des coachs d’Asie-Pacifique (Asia Pacific Coaching Conference 2010) s’est déroulée avec succès du 1er au 3 septembre à Singapour alors que, dans la zone Asie, les activités de coaching, en pleine expansion, sont en phase de structuration. Cette Conférence a représenté une première dans le monde du coaching plutôt sous domination occidentale, voire anglo-saxonne.

Une profession en développement en Asie
Co-organisée par l’Asia Pacific Alliance of Coaches (APAC) et la section de ICF (International Coach Federation) , l’APCC s’était fixée pour objectif de faire dialoguer des coaches venus de toute l’Asie, de l’Inde au Japon en passant la Chine, la Corée du sud, l’Asean, l’Australie ... Ils sont venus nombreux, au-delà des attentes des organisateurs.

Selon, Foo See Luan, fondateur de l’APAC, cette conférence a été une excellente occasion de mieux faire entendre la voie de la région Asie Pacifique dans le monde des coaches et de populariser la notion de coaching en Asie.

Ce pionnier singapourien souligne que l’APAC est ouverte à tout professionnel intéressée par la démarche. «Nous ne voulons pas nous refermer comme un « Ordre » mais cherchons la diversité pour aider à créer un monde plus soutenable, favorisant le dialogue et la confiance dans le monde. »

10% des coachs sont installés en Asie

Actuellement, selon une enquête menée par Frank Bresser et entièrement disponible sur internet The Global Coaching Survey 2008/2009, 80% des 44 000 entreprises de coaching dans le monde sont installées en Occident (Europe, Amérique du Nord ou Australie) et seulement 10% en Asie, dont 55 % au Japon et en Corée du Sud et 10% dans la région de Singapour, Malaisie et Philippines. Si, dans ces pays, le coaching est entré dans les mœurs, dans les autres pays de la zone, y compris en Chine ou en Inde, il reste en phase d’introduction.

Faut-il adapter son style de coaching en Asie ?

Une des questions qui a agité la Conférence fut de savoir s’il existait, en matière de coaching, des caractéristiques communes à l’Asie, exigeant une adaptation des règles de fonctionnement sanctionnées par les certifications accordées par l’ICF et largement reconnues dans le monde.

Un enjeu grave pour une profession en voie de constitution. Les avis ont divergé en la matière. Selon le rapport de Franck Bresser, il existe en Asie une tendance à voir le coaching comme un service plutôt que comme une profession mais il n’existe pas un style unique. Et dans la zone, ce sont encore les multinationales qui mènent le jeu et les initiatives locales restent limitées.

Pour l’Indien Ajay Nangalia , fondateur et directeur de Global Coach Trust, qui opère depuis cinq ans comme coach en Inde, il est nécessaire d’apprendre à adapter les 11 compétences fondamentales édictées par l’IFC « sans se sentir coupable».
Cet ancien directeur des ventes formé aux Etats-Unis, pasteur et coach, a mené l’enquête aussi disponible sur le web et conclut qu’en Asie, le statut du coach est très différent pour des raisons socioculturelles. Le coach n’y est pas considéré comme un égal mais comme un mentor plus sage et expérimenté. Il ne doit pas se contenter de questionner son client pour qu’il trouve lui-même les solutions mais doit savoir « changer de casquette » pour devenir entraîneur.

« Les clients en veulent pour leur argent en Asie. Ils attendent du coach des connaissances, des conseils et des idées», explique-t-il et il ajoute qu’il faut aussi plus de temps pour construire la confiance, ses clients préférant nettement le face à face au téléphone.

De plus, comme le coaching renvoie encore à des idées d’incompétence, ses clients préfèrent rester discrets. Enfin, dans des sociétés où la pression sociale pèse lourd, les clients sont plus à l’aise s’ils apparaissent aider les autres plutôt que tournés vers le développement personnel.

En conclusion, Ajay Nangalia se dit persuadé qu’à âge et expérience équivalents, les clients asiatiques ont intérêt à choisir un coach asiatique. « Il aura une meilleure connaissance du contexte culturel et social » .

Bronwyn Bowery une Irlandaise installée à Shanghai n’est pas d’accord. Fondatrice de la seule école de coaching accréditée en Chine et dont l’enseignement est depuis cette année partiellement en chinois elle est persuadée que le coaching s’applique de la même façon à tout être humain. « Les concepts de fond restent les mêmes. Dans toute relation de coaching, je dois m’adapter à une personne. La variable nationale n’est qu’une variable parmi d’autres. »

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