L’Expatriate Risk Management ou comment gérer les risques de la mobilité internationale

Hélène Da Costa, coach et journaliste, nous livre une chronique sur risques accrus de la mobilité internationale.

Centre de Crise du MAE

La mondialisation des marchés induit une plus grande mobilité des salariés, sous des formes diverses : expatriés dont les mandats ont tendance à raccourcir et experts « nomades », envoyés de plus en plus pour de courtes périodes, inférieures à un an.

Or, plus cette mobilité s’accroît, plus les niveaux de risques s’élèvent et plus la gestion en matière de santé et de sécurité devient complexe.

Les entreprises sont confrontées à une double contrainte. Elles s’aventurent dans les pays émergents plus instables et donc plus dangereux. Et elles doivent remplir des obligations de protection toujours plus grandes.

Pendant les trois dernières années, soixante-sept Français ont été pris en otages*, un chiffre en hausse qui constitue même un record mondial.

Néanmoins, la "bonne nouvelle" est que les professionnels, expatriés ou voyageurs d’affaires, sont moins vulnérables que d’autres.

Les kidnappeurs s’attaquent, en effet, plutôt aux personnes isolées, aux touristes et aux routards. Sur les dix-neuf affaires d’enlèvements recensées en 2011 par le Centre de crise du ministère des Affaires étrangères, cinq personnes ont tout de même été kidnappées dans le cadre de leur travail.

Les entreprises ont-elle conscience du risque qu’elles font courir à leurs salariés ?

« Dans les régions d’insécurité, situées notamment sur un axe allant du Sahel à l’Afghanistan, commente Serge Mostura, directeur du Centre de crise, les entreprises sont très organisées. Elles mettent en place un accompagnement de sécurité. »

Dispositif d’autant plus nécessaire que l’État, confronté à une crise budgétaire, invite les entreprises à contribuer davantage à la sécurité de leur personnel.

Néanmoins, dans son Livre blanc de l’expatriation d’octobre 2011, le cabinet de management Aon Hewitt estime que « les entreprises ont une faible analyse des conséquences financières des calamités comme le kidnapping ou les catastrophes naturelles, les nuages de poussière ou les tsunamis. Or les contrats d’assurance couvrent rarement tous les impacts corporels et matériels des risques encourus par le salarié en déplacement ou expatrié ».

Ce qui fait la différence est moins la taille de l’entreprise que l’existence, en son sein, d’une politique de gestion de crise.

Selon le Dr Arnaud Derossi, directeur médical à International SOS, une entreprise d’assistance aux entreprises à l’international, « on est passé d'une approche réactive, basée en grande partie sur un modèle assurantiel, à une politique proactive de préparation et d'évitement du risque très en amont. Une approche qui intègre à la fois le risque santé, le risque sûreté-sécurité et même un support au recrutement futur des personnels ».

« Les entreprises engagées à l'international sont obligées de construire une architecture cohérente, loin des actions disparates de naguère », renchérit Xavier Carn, directeur Sécurité Régional CEMA d’International SOS & Control Risks.

Comme le conclut le cabinet Aon Hewitt, « le rôle des responsables de la mobilité évolue fortement On assiste actuellement à l’émergence du Expatriate Risk Management. »

Cette chronique a également été publiée sur ouestfrance-emploi.com

Hélène da Costa
COACHINGMOVE
helene [dot] dacosta [at] coachingmove [dot] fr

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