Etre parent, ça s’apprend même en expatriation

A Singapour, il existe un cours que le bouche à oreille recommande à tout nouvel arrivant qui s’installe dans l’ile-Etat. Il s’agit de sessions de formation au « parenting », un cours qui permet d’améliorer son art d’être parent à raison de sept séances hebdomadaires de deux heures .

"Je ne fournis pas une méthode pour devenir un parent idéal. Il ne s’agit pas non plus d’une « psy » collective", explique Caroline Pflimlin qui a déjà organisé avec succès - il y a des listes d’attente - une quinzaine de sessions à Singapour après s’être formée en Suisse.

"La formation que je propose est une approche très internationale et très positive, déjà appliquée depuis trente ans aux Etats-Unis mais encore peu pratiquée en France.
Elle s’inspire des travaux de deux psychiatres autrichiens émigrés aux Etats-Unis au siècle dernier, Alfred Adler et Rudolf Dreikurs, et a été adaptée pour un public francophone par deux Suisses, Rachel Lee Imer-Wand et Eliane Juillet, qui ont rendu disponible cette approche dite STEP® (Systematic Training for Effective Parenting)- , en traduisant les manuels publiés aux Editions Jouvence
".

Caroline Pflimlin a suivi son mari, cadre chez Total, en Afrique et en Asie.
Le fait de mener une vie de femme d’expatrié l’a rendue particulièrement sensible à la question des mères, tenues de laisser leurs attaches familiales et professionnelles en France et souvent isolées pour mener à bien leur délicate mission de parent.

Une méthode originale et efficace

C’est à Düsseldorf qu’elle a découvert la méthode STEP pour s’occuper de sa fille et elle a été enthousiasmée. "C’est une approche très pragmatique, tournée vers la recherche de solutions, qui privilégie une parentalité dite "démocratique", ni autoritaire ni permissive, explique-t-elle. Il s’agit d’encourager les parents à donner le choix à l’enfant - dans le cadre de limites - pour développer son sens des responsabilités et le rendre plus heureux. En apprenant à faire des choix, l’enfant sent qu’on fait attention à lui, qu’on le met en valeur, qu’on lui demande son opinion. La punition est éradiquée au profit du principe "on paie les conséquences de ses choix". Les parents deviennent les coachs de leurs enfants. Ils ne leur disent pas ce qu’il faut penser mais les aide à trouver eux-mêmes leurs propres solutions".
Nathalie Ribette, mère de trois adolescents, metteur en scène qui a monté sa société à Singapour Sing’Theater, a suivi cette formation.

"Finalement être parent, c’est ce qu’il y a de plus difficile dans la vie et nous ne sommes pas formés pour cela. J’ai trouvé précieux de pouvoir être aidée, de mieux comprendre ce qu’il faut faire ou…. ne pas faire. J’ai compris qu’il ne suffisait pas d’aimer et que la confiance en soi des enfants se cultivait à coup de petites réassurances. Je le savais mais je ne savais pas comment m’y prendre. J’ai appris à mieux gérer les conflits, à moins crier".

Trois principes gouvernent cette approche originale – et très anglo-saxonne - : encourager son enfant au quotidien en remarquant ostensiblement ses efforts et ses qualités; pratiquer l’écoute active pour aider son enfant à oser penser par lui-même sans craindre d’être immédiatement jugé; encourager la coopération en considérant la famille comme une équipe.

"Ces stages ne s’adressent pas à des parents qui ont besoin de thérapie familiale", insiste Caroline Pflimlin, qui ajoute qu’elle exige toujours un grand respect de la confidentialité. "Il s’agit plutôt d’améliorer sa pratique. C’est une cerise sur le gâteau, l’occasion d’un partage pour ne pas se retrouver seule face aux défis que pose la parentalité".

S.T.E.P
Ateliers parentaux
Caroline Pflimlin
+(65)97518737
tcpflimlin [at] aol [dot] com

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