Clarifier les enjeux d'un retour d'expatriation, un processus indispensable

Hélène da Costa, coach et journaliste, nous livre une chronique sur les choix liés au retour en France.

Le retour en France de Marianne Marin aurait pu être très difficile. Elle avait quitté la France depuis huit ans pour une vie de rêve en Australie puis à Singapour.

Occupée à élever ses quatre enfants, elle ne travaillait plus. Et elle n’était rentrée que deux fois en France pour les vacances.

L’installation de la famille dans la région lyonnaise était périlleuse. Et pourtant, moins d’un an après son retour, la famille a retrouvé ses marques.

Le secret de ce retour réussi tient au fait qu’il était anticipé de longue date et désiré à la fois par Marianne et son mari.

Le couple est revenu avec un objectif clair et positif: il souhaitait donner un enracinement français à ses enfants.

Pour Marianne, elle même enfant d’expatriés, c’est l’une des conditions «d’une croissance nomade harmonieuse». Autre atout: Marianne et son conjoint étaient synchrones.

A Singapour, Marianne Marin s’était formée au coaching. Revenue à Lyon, elle a ouvert son cabinet.

De son côté, son mari, expatrié pour le compte d’un grand groupe pharmaceutique, était fatigué de vivre dans l’incertitude, «de ne pas savoir six mois avant la fin de sa mission à quelle sauce il allait être mangé».

Il avait, lui aussi, envie de changer de vie. Il a commencé par prendre une année sabbatique consacrée à la peinture, sa passion, avant de créer sa propre société.

Le point de départ de cette métamorphose à deux a été un coaching, entamé d’abord par Marianne. Grâce à celui-ci, notre interlocutrice a pris du recul, s’est interrogée sur ce qu’elle souhaitait vraiment.

Elle a pris conscience de ses valeurs, renforcé sa confiance en elle, s’est affirmée en cohérence avec elle-même. Son cheminement a débouché sur une formation au coaching, suivie sur place à Singapour. Dans la foulée, son mari s’est engagé dans la même voie.

Seule une minorité est accompagnée au retour

Si Marianne a fait financer son coaching par l’employeur de son époux, ce dernier a décidé de payer lui même ses séances. Il a pu ainsi travailler sur ses objectifs personnels, indépendamment de ceux de son entreprise.

Ce couple fait partie de la minorité des expatriés qui a bénéficié d’un accompagnement à leur retour en France.

D’après l’étude de l’Observatoire de la mobilité internationale publiée en mai 2011 à l’initiative de BERLITZ International Consulting, seuls 19% des expatriés originaires d’Europe de l’Ouest estiment que leur entreprise les a aidés dans la démarche de réadaptation.

Certes, les employeurs sont désormais sensibilisés au choc culturel consécutif à la réinstallation en France. Néanmoins, mieux vaut négocier un accompagnement au retour... dès le départ en expatriation.

Hélène da Costa
COACHINGMOVE
helene [dot] dacosta [at] coachingmove [dot] fr

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