Christian Koenig, à la tête du campus ESSEC de Singapour
Comment implanter une prestigieuse école française en Asie ? Christian Koenig nous raconte l'aventure de l'ESSEC à Singapour.
L’Essec à Singapour est une école pionnière. Son choix de l’île Etat pour développer sa présence en Asie dès 2004 lui a permis de profiter d’une chance incroyable : être hébergée au sein du temple de la culture singapourienne: la nouvelle Bibliothèque nationale, achevée en 2005.
Christian Koenig, venu la première fois dans l’île en 2001, a été aux avant-postes de cette aventure singulière pour un établissement universitaire : bâtir un campus hors de sa terre natale.
Aujourd’hui, 160 étudiants y étudient en permanence et l’ESSEC forme 300 et 400 cadres en Asie par an, soit plus de 2000 cadres ou étudiants en chiffres cumulés. En 2015, sur un campus plus grand, l’Essec prévoit d’avoir un corps enseignant d’une trentaine de professeurs résidents.
Formation initiale et permanente en anglais
« Aujourd’hui, à Singapour, l’ESSEC fait de la formation initiale et permanente, explique Christian Koenig. Nous développons des programmes « grande école » de six mois - l’un d’eux permet d’aller étudier sur place les nouveaux BM des pays émergents - et deux masters spécialisés, l’un en stratégie et management des affaires internationales, l’autre en ingénierie financière en Asie. »
Ces programmes sont en anglais. L’apprentissage du français ne concerne que les non francophones étudiant en France.
L’Essec à Singapour s’adresse aussi aux cadres avec des séjours découverte d’une semaine dans le cadre de programmes longs basés en France, des programmes courts, parfois délocalisés, pour des entreprises dans la zone sur des thèmes divers : gestion du risque dans le domaine du financement de l’énergie et des matières premières, psychologie de l’investisseur, négociation et, le best seller, gestion des marques de luxe .
Une aventure pionnière en Asie
L’aventure asiatique de l’Essec a commencé au début des années 80. Christian Koenig se souvient encore de son arrivée à Singapour après quatre ans passés à développer des coopérations en Asie. L’Esse depuis 20 a multiplié les partenariats dans la zone : , au Japon avec Keio business school, en Chine avec l’université de Pékin , en Corée avec l’université nationale de Séoul ou en Inde avec l’Institut Indien de management Ahmedabad dès 1984.
« A Singapour, nous avons profité de la stratégie à long terme de l’organisme de planification, l’Economic Development Board (EDB), qui fait venir, à côté d’investisseurs étrangers, des établissements d’enseignement supérieur de renom (en France, l’Essec et l’Insead). »
L’Essec a une stratégie double: être une porte d’entrée sur l’Asie pour les programmes existants et sur l’ESSEC pour les Asiatiques. « Nous cherchons à combiner l’expertise de l'ESSEC et les points forts de Singapour : logistique et chaînes d’approvisionnement, luxe, certains aspects de la finance, concernant surtout l’énergie et les matières premières, santé, banque privée, management des infrastructures et immobilier.. .Singapour est de taille modeste mais abrite beaucoup de coordination générale en Asie. C’est là que sont consolidés les connaissances sur le marché et les talents. »
Le bon positionnement
L’Essec a le souci de trouver un bon positionnement par rapport aux universités Singapouriennes et cherche à développer des projets spécifiques, susceptibles d’intéresser l’île-Etat.
Elle ouvre en mars la branche asiatique de l’Institut Iréné (institut sur la recherche et l’enseignement sur la négociation qu’elle a créé en Europe il y a 14 ans et elle prévoit le développement de Essec Ventures, un concept original alliant enseignement, incubation et aide au financement, créé il y a dix ans, qui a permis d’engendrer l’année dernière 44 entreprises en France.
« A Singapour, l’entreprenariat privé n’a longtemps intéressé personne, explique Christian Koenig. Le développement était une affaire d’Etat, avec de grandes réussites comme Singtel (Telecoms), Singapour Airlines, Temasek holdings( Fonds d’investissement), des succès remarquables qui ont montré qu’on peut concilier propriété publique et performance. Certes, il y a depuis longtemps des entreprises familiales, des marchands mais peu d’entrepreneurs, malgré un écosystème de plus en plus favorable à l’innovation. Il manque des histoires, des exemples de réussite. Or Singapour veut désormais attirer des entrepreneurs qui se servent de l’ile comme tremplin pour se développer en Asie comme l’ont fait, avant eux, les multinationales. Son pari est que, par diffusion, cela favorisera l’esprit d’entreprise à Singapour. »
Les atouts dans la compétition
Pour l’instant, l’Essec affronte surtout une compétition anglo-saxonne car les grandes universités chinoises et les instituts de management indiens s’adressent encore essentiellement à leur population, mais « les choses bougent… Le marché s’ouvre dans les deux sens et le jeu va devenir plus difficile. »
Pour réussir, Christian Koenig compte sur la spécificité de l’Europe : savoir associer théorie et pratique dans la formation. « Ce dialogue entre pratique et théorie permet des parcours riches qui donnent une plus grande capacité opérationnelle à nos jeunes diplômés, même si les meilleurs instituts chinois ou indiens sont extraordinairement sélectifs. ».
L’Essec joue aussi la carte de l’internationalisation. « Aujourd’hui sur le campus de Cergy, 85 nationalités se côtoient. Un tiers des étudiants et plus de la moitié des professeurs ne sont pas français et l’écrasante majorité a fait une partie de ses études ailleurs qu’en France. Pour preuve, ici, l’ équipe de professeurs est très internationale : un Chinois, un Taïwanais, bientôt trois Indiens, deux Français dont un d’origine Serbe, une Philippine, un Portugais, une Hongkongaise, un Marocain ..!. »
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kellayze8 semaines 5 heuresOui, Nicolas Sarkozy peut vous envoyer un mail à...Chouette un super héros, c'est ce dont nous avons besoin! J'espère que vous êtes expat, ça fait un...(suite) -
3e oeil10 semaines 1 jourQuels bons plans pour les expatriés ?Appel à témoins pour reportage sur NRJ 12 Bonjour, Je suis à la recherche de personnes qui...(suite) -
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