Changer de vie: s'expatrier en Grèce

S'expatrier dans le sud de l'Europe, un rêve pour beaucoup de Français. Voici le témoignage d'Isaline qui a fait le choix de s'installer avec sa famille en Crète.

Depuis quelques temps, Isaline, jeune Française vivant en banlieue parisienne et travaillant pour une agence de tourisme, se demandait comment s'échapper du quotidien infernal qui la faisait courir toute la journée entre RER, crèche et un travail très prenant.

Son mari, Yorguy, un Grec qui s'était installé en France pour fonder sa famille se posait la meme question. Il travaillait dans la restauration avec des horaires lourds et avait l'impression de lui aussi, courir après le temps. 

"Alors un jour, nous avons pris le temps d'en discuter sérieusement. J'étais enceinte de ma deuxième fille et je ne m'imaginais pas continuer à vivre sur ce rythme infernal. La solution de la Crète s'est quasiment imposée naturellement car le père de Yorguy y vivait déjà et nous pouvions travailler ensemble" explique Isaline.

En mars 2008, la famille vend sa maison et déménage en Crète, à Pigi, un petit village à l'intérieur des terres. 

"Nous avons trouvé une maison avec vue sur la mer, trois chambres à coucher, 130 mètres carrés, pour 500 euros, c'est carrément génial, surtout quand on compare avec les conditions de vie en France" sourit Isaline.

Vivre en Crète

L'installation en Crète a exigé quelques sacrifices pour la jeune Française: "Avant j'avais un travail à moi, une vie sociale, mes amis, ma famille... Je n'ai aucun regret mais maintenant que j'ai trouvé mes marques, que mes deux filles vont à l'école et à la crèche, il faut que je m'organise pour sortir un peu plus!".

Autre difficulté, que tous les Grecs connaissent bien, l'administration kafkaienne qui rend toute démarche très compliquée: " Je voulais  m'inscrire au cours de grec, mais, ne me demandez pas pourquoi, il fallait attendre les élections législatives  (du 4 octobre) pour avoir les nouveaux formulaires. C'est un exemple parmi d'autre mais je pourrai en citer des dizaines. Ici il faut etre patient sinon ce n'est pas la peine!"

Heureusement, les Crétois sont accueillants et la vie quotidienne est facile et pas chère " Avec 2.500 euros par mois, une famille de quatre personne vit bien. Nous payons la crèche 250 euros. L'école maternelle est gratuite mais il faut tout apporter, fourniture scolaire, savon, mouchoirs, papier de toilette... et il faut également payer la femme de ménage de l'école!".

" Ce qui coûte cher ici, c'est l'essence et le café mais c'est compensé par le prix imbattable d'un dîner à la taverne du coin. En revanche, là où il faut vraiment faire attention, c'est l'assurance maladie. Elle est hors de prix pour les indépendants - 700 euros tous les deux mois- pour un service archi-nul qui t'oblige à aller consulter dans le privé. Comme partout en Grèce, vaut mieux ne pas tomber malade...heureusement la vie, ici, est saine et nous n'avons pas trop eu besoin de consulter!"

Une vie de famille

Isaline et Yorghy ont fait un choix de qualité de vie d'abord pour leurs enfants, qui, étant petites, se sont facilement adaptées à leur nouvelle vie.

La plus grande, Ambre, va à l'école maternelle et se debrouille maintenant parfaitement en grec. " Au début, j'étais inquiète car on parle français à la maison mais en un an, elle a appris la langue sans soucis. Les dvd avec les dessins animés en français m'aident à lui faire garder le contact avec ma langue et je pense trouver un professeur pour la suite."

Mais les grands profitent aussi de la Crète, ballades et virées à la plage sont au programme au moins une fois par semaine. 

En revanche, la vie culturelle demande plus d'efforts: " Pour voir autre chose qu'un blockbuster américain, il faut aller à Chania, une grande ville à 60 kilomètres d'ici. Idem pour les spectacles. Alors on se contente des livres et de la télévision!"

La difficulté de trouver du travail

"Nous avions de la chance, mon beau-père a acheté il y a plusieurs années, une véritable ruine qu'il a rénovée et qu'il a transformée en maison de location. La villa Maroulas est grande et demande beaucoup de travail. Et moi j'ai pu aider à faire la promotion de cet endroit qui peut accueillir 10 personnes pendant toute l'année"

Isaline et son mari ont en effet, eu de la chance, car trouver du travail en Crète n'est pas facile, surtout quand comme Isaline, on ne parle pas grec. 

"Ici, tu peux trouver du boulot pendant la saison touristique mais je suis venue ici pour trouver une qualité de vie avec mes filles et je n'avais pas envie de courir à nouveau toute le journée, voire toute la soirée! L'autre possibilité pour travailler consiste à donner des cours de français dans les établissements privés où vont tous les enfants grecs car l'école ne suffit pas ici pour obtenir l'équivalent du bac. Mais il faut avoir un diplôme qui te permette d'enseigner, ce qui n'est pas mon cas" explique Isaline.

La crise a touché n'a pas épargné la Crète, et le secteur touristique l'a senti cet été: 40% de baisse de fréquentation, 30% de vols en moins...Pour attirer la clientèle, Isaline et Yorguy ont fait des promotions sur la villa, la qualité de l'accueil a fait le reste. Le couple n'envisage pas de revenir en France avant un bon bout de temps et espère développer son activité pendant les prochaines années.

 

Consulter le site de la Villa Maroulas: www.villamaroulas.com



Image of Carnet de Voyage Crete, 2009 Petit Fute
Manufacturer: PETIT FUTE
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Price: EUR 4,00
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