Bilinguisme chez les enfants d'expatriés : une chance à saisir
L'apprentissage d'une seconde langue est-il sans travers pour le développement personnel de l'enfant? Non, à condition de s'effectuer dans les bonnes conditions. Explication de la psycholinguiste Barbara Abdelilah-Bauer, auteur du livre "Le défi des enfants bilingues : grandir et vivre en parlant plusieurs langues.
- On entend souvent que l'apprentissage d'une nouvelle langue est plus aisé pour les
jeunes enfants. Est-ce exact?
L'apprentissage d'une seconde langue s'approche de l'acquisition naturelle de la langue maternelle chez des enfants de moins de 6-7 ans. Après, la soi-disante facilité est une illusion! Un enfant de plus de 7 ans apprend la seconde langue tout comme un adulte, en partant des acquis de sa langue maternelle. Il aura moins de facilités d'acquérir un accent natif en seconde langue. Ceci dit, l'apprentissage d'une nouvelle langue est possible à tout âge, ce qui importe, c'est la motivation, c'est-à-dire l'envie de pouvoir se faire de nouveaux amis, de comprendre les gens avec qui on vit.
- Imaginons la situation d'un enfant qui suit ses parents à l'étranger. Il doit alors apprendre la langue du pays. Y-a-t-il une façon plus conseillée de procéder? L'immersion dans une école locale? Ou l'inscription dans une école bilingue?
Pour un jeune enfant (avant la scolarisation règlementaire), la scolarisation dans une maternelle, si elle existe, peut être envisagée, mais il est important d'expliquer à l'enfant pourquoi on veut qu'il fréquente une structure où il ne comprend pas la langue. Plus un enfant est jeune, plus il aura de facilités de contact avec les autres enfants même sans parler la langue. Cependant, il est important de savoir qu'il passera par une période silencieuse qu'il faudra respecter, période pendant laquelle il s'imprègne des sons et il essaie de décoder la nouvelle langue. Il ne faudra pas lui mettre de pression.
Pour les plus grands enfants, notamment à partir de 6 ans, il est déconseillé de les scolariser en "submersion", c'est-à-dire dans une école du pays où la langue dominante est la langue de l'enseignement : il sera perdu et aura de grandes difficultés de suivre les enfants autochtones qui auront déjà un niveau de langue adapté aux apprentissages. L'idéal est la scolarisation dans une école bilingue où la langue de l'enfant est aussi la langue de l'enseignement et où la langue du pays est introduite progressivement.
Si le séjour est temporaire, il est préférable de le mettre dans une école internationale, pour que la continuité soit garantie, surtout si la famille doit partir dans un autre pays après quelques années.
- Quels sont les atouts du bilinguisme pour les enfants d'expatriés, au niveau de son développement personnel et de ses relations avec les autres?
Les atouts sont multiples : pour les jeunes enfants (avant 7 ans), acquisition naturelle d'une nouvelle langue et familiarisation avec une nouvelle culture. Par l'adaptation à un nouvel environnement, prise de conscience de la relativité des habitude et des coûtumes, ouverture culturelle, tolérance.
Pour les plus grands, mêmes avantages au niveau de la culture, mais les difficultés d'apprentissage de la langue sont plus grandes, surtout si c'est la langue de l'école.
- Y-a-t-il un âge en-dessous duquel le bilinguisme peut-être nuisible au développement personnel de l'enfant ?
Non! Le bilinguisme est plus facile à acquérir chez les jeunes enfants : un enfant acquiert toute langue qui lui est utile pour la communication avec son environnement immédiat. Une langue rapidement acquise durant les premières années sera oubliée tout aussi vite si la nécessité de la parler ne sera plus donnée.
- Dans vos discussions avec des parents expatriés, quelles sont les craintes qui ressortent le plus souvent à l'égard du bilinguisme ? Certaines d'entre elles sont-elles avérées?
Le plus fréquent: la perte des capacités de suivre une scolarité en langue maternelle, donc en français. Je constate aussi une assez grande insouciance en ce qui concerne les capacités de l'enfant d'apprendre "sans problèmes" la langue du pays. La scolarisation dans une école du pays est souvent envisagée dans le but de lui faire acquérir la langue au plus vite. Tous les soucis se concentrent sur la scolarité des enfants, ce qui est justifié d'ailleurs.
Le souci des expats de retour en France: la perte de la langue seconde, surtout s'il s'agit de l'anglais ou des langues prestigieuses.
Pour les familles vivant depuis un certain temps à l'étranger il y a la peur de la perte de la langue maternelle. Les craintes de retard de langage etc. se trouvent davantage chez les couples mixtes où deux langues se côtoient à l'intérieur de la famille.
- Un enfant peut-il oublier sa langue maternelle?
Oui. Si la première langue, "maternelle", est remplacée très tôt par une seconde langue dominante car utilisée partout et même en famille, la première langue a tendance à s'affaiblir. Cela peut aller jusqu'à l'oubli total. Un enfant ne conserve que la langue (les langues) qui lui est utile !
liens:
http://www.enfantsbilingues.com
et celui du CAFÉ BILINGUE: www.cafebilingue.com
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3e oeil10 semaines 1 jourQuels bons plans pour les expatriés ?Appel à témoins pour reportage sur NRJ 12 Bonjour, Je suis à la recherche de personnes qui...(suite) -
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