Airstar à Singapour, le soleil au bout d’une ficelle
Se servir de Singapour comme base pour l'Asie, c'est le pari, réussi, d'Airstar, une société française et tenu par un expatrié, Pascal Petitjean.
Vendre le soleil au bout d’une ficelle aux Asiatiques est une gageure étrange que réussit brillamment la société Airstar, une PME créée à Grenoble par Pierre Chabert et développée en Asie par Pascal Petitjean, installé à Singapour.
Aujourd’hui les ballons éclairants français illuminent nombre de grands évènements de la cité Etat, des fêtes présidentielles aux lancements des multinationales, des défilés de mode au premier atterrissage de l’A 380, des tournages de Jean-Jacques Annaud ou James Cameron à l’éclairage du Grand prix de Formule 1 de nuit. « Avec la location de 600 ballons d’un coup, c’est notre plus gros contrat de location à ce jour, en quantité comme en chiffre d’affaires. »
Rien ne prédisposait Pascal Petitjean à devenir un as du ballon éclairant, un métier à la fois technique et artistique où il faut savoir chaque fois relever des défis créatifs.
« J’avais démarré ma carrière dans la Champagne pouilleuse à Troyes où ma famille avait créé une entreprise de candélabres d’éclairage public, un succès d’après guerre. Mon père ayant vendu l’entreprise, j’y suis devenu cadre. Après avoir dirigé une usine dans les Ardennes, où j’étais, à moins de trente ans, l’homme le plus important après le maire et le curé, je suis parti monter une filiale en Asie. A mon retour, la société n’ayant rien à me proposer, j’ai démissionné. »
Pascal Petitjean entame alors une période difficile. « Je pointais au chômage alors que mon père avait été propriétaire de la plus grosse usine de la ville. Ce fut une bonne leçon. » Il décide de monter une société à Singapour par défaut, ne voulant pas pointer dans le monde « corporate » . « Des chercheurs de têtes m’avaient humilié. Une boîte à racheter, même petite, coûtait trop cher. »
Il crée en 1993 Partex International Ltd. « C’était le club hôtel du business en Asie. Tout le monde voulait venir sans prendre trop de risques. Mes clients finançaient une partie de mes frais. Le système était sain. J’étais indépendant. J’ai pris plein de cartes de peur de ne pas y arriver jusqu’à ma rencontre avec les ballons éclairant de Pierre Chabert , un "Geo-trouve-tout de Grenoble " qui louait des enceintes et des projecteurs pour des concerts et avait commencé par organiser des lâchers de ballons de baudruche avec des petites lampes de sapin de Noel à l’intérieur. »
« Il a eu envie de pouvoir moduler la lumière avec la musique en utilisant des récepteurs. Pour récupérer ses récepteurs , il s’est dit qu’il pourrait retenir ses ballons avec des fils et pourquoi pas un fil de cuivre pour mettre des lampes plus grosses, en éliminant les problèmes de batterie. De fil en aiguille, il a mis au point ses ballons éclairant dans sa cuisine et devant la qualité de cet éclairage sans ombres, il a déposé des brevets. »
C’est à cette époque que Pascal Petitjean arrive. « J’apportais l’Asie et la connaissance de l’éclairage public. J’ai mis un peu d’argent. Très vite je suis devenu leur plus gros client. Au Japon, en Corée, à Taiwan, à Singapour….les Asiatiques avaient le coup de foudre, alors que les Occidentaux y allaient plus doucement. »
En 15 ans, la progression d’Air Star a été très rapide. Aujourd’hui la compagnie a des filiales en Europe, aux Etats unis et en Asie et emploie 200 personnes, dont 50 à 60 dans son usine en France. En Asie, son chiffre d’affaires a augmenté de 40% en 2009.
Parmi les meilleurs souvenirs de Pascal Petitjean, il y a l’éclairage de l’arrivée du premier A 380 à Singapour devant 500 personnes, face à la piste. Il y a aussi le tournage au Cambodge avec Jean Jacques Annaud du film « Les deux frères ».
Plus récemment, en juin dernier, il a aidé un artiste canadien Rafael Lozano Hemmer pour l’installation d’un ballon de 14 mètres de diamètre sur lequel était projeté la peau du soleil contrôlable grâce à un i-pod .
Le marché devrait continuer à susciter des affaires d’autant plus que ce produit est magique et que nombre d’applications restent à découvrir.
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